vendredi 21 novembre 2025

1937. Remerciements de deux Petits Orphelins de St-Georges-de-L'Isle (Mayenne)

     Voici les remerciements adressés, en 1937,  à une famille yonnaise qui avait accueillie deux petits musiciens de la Fanfare des Petits Orphelins de Saint-Georges-de l'Isle (à St Fraimbault de Prieres en Mayenne), lors de leur prestation à La-Roche-sur-Yon.

    Le plus âgé, Marcel Raymond NÉEL, était né le 21 mars 1925 à Le Horps (53). Il est décédé le 21 décembre 2012 à Laval.

    Le plus jeune, Raymond Marcel SABLÉ, était né en Mayenne, le 18 août 1929. Il est décédé à Laval, le 13 mars 2018.

    La photo de leur fanfare datait au moins de 1930.

 



mardi 4 novembre 2025

Moi, parrain d'une fille ? Jamais !

      Voici en substance ce que Charles de ROHAN-SOUBISE (1715-1787), maréchal, prince de Soubise, écrivait - mais en termes plus raffinés, correspondant mieux à son niveau d'éducation - en réponse à l'un des anciens capitaines de son régiment qui, en 1781, l'avait sollicité pour être le parrain de son enfant à naître.

    Le demandeur était Antoine de PAUL de SAUSSES, né le 16 décembre 1730 à Castellane (Provence) d'Antoine PAUL de SAUSSES (1666-1733), lieutenant-colonel d'infanterie, premier consul de Castellane en 1729, et d'Anne CASTEL (ca.1730-1772).

    En 1781, à l'époque de sa demande, son épouse, Marie Marguerite BAUDRIER de CHATEAUDOUBLE (avec laquelle il s'était marié le 26 février 1772 à Châteaudouble -Var -), attendait son quatrième enfant. Elle en aura encore neuf. Les époux habitaient alors à Castellane.

    Antoine de PAUL de SAUSSES était un ancien officier qui avait terminé sa carrière avec le grade de lieutenant-colonel d'infanterie. Il l'avait débutée en juin 1752 dans la Compagnie des Cadets des Colonies établie au port de Rochefort et composée de gentilhommes. Un an plus tard, en 1753, il était nommé garçon-major des troupes des colonies. En 1754, il était promu officier dans la compagnie des cadets ; il en deviendra sergent. En juillet 1759, le roi lui confiait le commandement de cette compagnie, ce qui lui donnait, semble t'il, le rang de lieutenant des vaisseaux du roi.

    La compagnie des cadets ayant été supprimée, il était incorporé comme capitaine d'infanterie dans les troupes entretenues à Saint-Domingue (Isles sous le Vent) et plus spécialement au régiment d'infanterie de Quercy le 1er novembre 1761, avec effet au 1er janvier 1760. Sa compagnie qu'il avait la charge d'entretenir, était composée de 50 hommes, officiers compris. Elle quitta Rochefort fin novembre 1761.

   " A la fin de la dernière guerre contre l'Angleterre ", il passera alors cinq années à Saint-Domingue où il vit périr 83 officiers et 2.000 soldats de son régiment.

    En 1767, il était toujours à Saint-Domingue mais en 1768, son régiment est caserné à Alais (Gard).

    Puis il faisait les campagnes de guerre en Corse de 1768 et 1769.

    En 1770, son régiment était à Marseille, et en 1773, à nouveau en Corse.

    Le 1er juillet 1774, en remplacement du capitaine de VINCENT, il était nommé capitaine de la compagnie de grenadiers du même régiment de Quercy qui, en 1775, était caserné à Huningue.

    Le 7 mai 1776, Louis XVI prenait une ordonnance  pour mettre le régiment d'infanterie de Quercy, sous le nom de Rohan-Soubise .

    Le 23 mai 1777, il était admis à la dignité de chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Louis et il reçut la croix des mains du comte Jacques de CARLES (1724-1803), le dernier colonel commandant du régiment d'infanterie de Quercy et le premier de celui de Rohan-Soubise.

    Puis, le 28 août 1777, il était promu capitaine commandant de la compagnie des grenadiers dans le régiment de Rohan-Soubise en remplacement du capitaine de BOUCHEROLLES.

    Ensuite on trouve le régiment cantonné à Bergues (1778).

      En 1778, à la demande de Louis XVI, le duc de BROGLIE (Victor-François de Broglie,1718-1804), Maréchal de France, avait réuni plus de 30 000 hommes à l'est de Bayeux afin d'exercer les troupes à différentes tactiques militaires. Celui-ci installait alors son quartier général au château de Vaussieux (à Vaux-sur-Seulles dans le Calvados), sur les terres de son ami le marquis de HÉRICY. Les manœuvres qui furent opérées au "camp de Vaussieux" contribuèrent grandement contribué à améliorer l'efficacité des armées françaises ainsi qu'à la victoire de Yorktown en 1781 contre les Anglais.

    Pour Antoine PAUL de SAUSSES, ces manœuvres marquèrent la fin de sa carrière militaire car, dans des circonstances que nous ne connaissons pas, il y " reçut une blessure à la tête qui le laissa dix jours sans connaissance. Il fut trépané, presque sans espoir, longtemps sans raison et perdit tout à fait la mémoire. Cet accident le mit hors d'état de continuer le service. "

    Le 22 septembre 1778, le comte de CARLES, brigadier des armées du roi, colonel commandant du régiment d'infanterie de Rohan Soubise, le comte de RUPPIERRE (1741-1785), colonel en second,  M. SALSE (Louis Marie SALSE d'ERNECOURT, 1761- ?), lieutenant colonel, et M. de FROMENT (Jacques Marie de FROMENT, 1740-1817), major du régiment, lui délivraient un certificat à son départ du régiment, s'étant trouvé " par différentes infirmités, hors d'état de continuer le service ". 

   Début décembre 1778, Antoine de PAUL de SAUSSES,  " plus content de sa santé et espérant un prochain rétablissement ", sollicitait du duc de BROGLIE, son intervention afin d'obtenir une retraite. Le 13 décembre 1778, le duc de BROGLIE, répondait à " M. de PAUL, compagnie de grenadiers du régiment de Rohan-Soubise à Caen ", qu'il l'assurait de son soutien pour lui " faire obtenir une retraite avantageuse ".

      Le 22 janvier 1779, le marquis de MONTBAREY lui écrivait également qu'en raison de l'impossibilité où sa situation le mettait de continuer son service, le roi lui  avait accordé (2 janvier 1779), des appointements de retraite de 1.200 livres par an, payables dans la place militaire d'Entrevaux.

    Alexandre Marie Eléonor de Saint-Mauris-Montbarrey, comte de Montbarrey puis prince de Montbarrey et du Saint-Empire (1776), grand d'Espagne de première classe (1780), chevalier du Saint-Esprit, né le 20 avril 1732 à Besançon et mort le 5 mai 1796 à Constance, fut lieutenant-général des armées et Secrétaire d'État à la Guerre de 1777 à 1780 sous Louis XVI.

    Le 3 juin 1779, la même personne lui faisait savoir que  "compte tenu de ses services et du malheur qui lui était arrivé au camp de Vaussieux ", le roi avait ajouté (3 janvier 1779) à sa retraite la commission de lieutenant-colonel d'infanterie.

     Il est décédé à Castellane, à 63 ans, le 3 juillet 1793, laissant notamment, parmi ses enfants, Jean Antoine Emmanuel de PAUL (1774-1846), plus connu sous le patronyme de PAUL de CHATEAUDOUBLE, et dont nous avons détaillé la vie sur ce blog, le 11 novembre 2010, dans l'article " Famille de PAUL de SAUSSES, de PAUL de CHATEAUDOUBLE (Var) ".

    Pour revenir à l'objet de cet article, ce n'est pas PAUL de CHATEAUDOUBLE qui fut l'objet de la demande de parrainage par son père auprès du Maréchal Prince de ROHAN-SOUBISE, mais l'enfant qui allait naître le 3 septembre 1781 à Castellane : Marie Elisabeth Emilie de PAUL des SAUSSES (future épouse de Léger TAXIL). Compte tenu de son sexe, elle ne put avoir comme parrain ce membre de la haute noblesse  lors de son baptême, le 4 septembre, car celui-ci avait précisé dans sa lettre du 25 février 1781, " J'y mets la condition que ce sera un garçon. C'est un usage que je me suis fait depuis longtemps ".

    


    Trois ans plus tard, le 19 juillet 1784, le Maréchal Prince de ROHAN-SOUBISE répondait  à Antoine de PAUL de SAUSSES qui l'avait avisé de la naissance d'un fils, le 4 juillet 1784 à Castellane, et lui faisait connaître les noms personnes qui, en son absence, le représenteraient au baptême, à savoir le chevalier de DEMANDOLX et la marquise d’AUTANE.

   Pour cause de risque imminent de décès, cet enfant avait été ondoyé le lendemain de sa naissance, le  5 juillet 1784, à Castellane, dans la maison de ses parents, en présence de Joseph COLLOMP, clerc tonsuré. Il faudra attendre son baptême pour connaître son prénom, Charles.

    Pour une raison que nous ignorons, cette cérémonie du baptême ne se déroula que le 10 mai 1786 à Castellane. Charles de PAUL de SAUSSES fut baptisé par Jean Joseph Victor de CASTELLANE, évêque de Senez . Son parrain fut Monseigneur Charles de ROHAN, Prince de Soubise, Maréchal de France, représenté par M. Pierre Jean Baptiste Alexandre de DEMANDOLX . Sa marraine fut Jeanne Marie Magdeleine de BARDONNENCHE (ca. 1755-1843), épouse de Messire Jean-Charles François d'AUTANE (1757-1837), Seigneur d'Allons et par ailleurs co-seigneur de Sausses . Avec eux, signèrent l'acte : CHATEAUDOUBLE PAUL, PAUL de SAUSSES, CASTELLANE MAJASTRES, de MONTBLANC, autre PAUL de SAUSSES, d'AUTANE, PAUL LA MOTTIERE et plusieurs autres personnes.
    L'acte de baptême, reproduit ci-après, détaille la cérémonie ainsi que les titres dont étaient pourvus les différents participants.






    Le père de Charles ayant tenu informé le Maréchal Prince de SOUBISE de la tenue de la cérémonie où il fut suppléé par le chevalier de DEMANDOLX et  la marquise d’AUTANE, celui-ci lui répondit le 26 mai 1786 : 

 



vendredi 6 décembre 2024

Les prisons de La Roche-sur-Yon (Vendée)

 l'établissement pénitentiaire de La Roche-sur-Yon (1811-1940)

La notice de présentation établie par les Archives de la Vendée pour le fonds de l'établissement pénitentiaire de La Roche-sur-Yon, classé 2 Y 1, fournit quelques précisions sur les prisons de La Roche-sur-Yon :

      "Dans son rapport au Conseil des bâtiments civils, en date du 20 août 1812, le ministre de l'Intérieur mentionne l'existence de 2 prisons à Napoléon (La Roche-sur-Yon) :

- " L'ancienne prison consiste en 2 tours parallèles formant autrefois l'entrée d'un château auquel on a adossé postérieurement un logement de concierge, … elle peut contenir 40 individus et même 50 à 60, qui y sont renfermés sainement et sûrement à l'exception de ceux du rez-de-chaussée, où se trouvent deux cachots humides" (sur le cadastre primitif de 1809, elle figure section E, parcelle 306, près de la cité Travot).

- La nouvelle prison, construite en 1811 et qui remplace rapidement la précédente, " peut contenir aisément 50 individus et 80 au besoin". Elle est située devant la grande caserne sur la rue de la Préfecture et jouxte le tribunal, les 2 bâtiments communiquant entre eux par leurs cours ou préaux. L'architecte Mallet spécifie en [1829] qu'elle est établie sur un terrain de 50 x 50 m, que le bâtiment long de 40 m et large de 7 m est enveloppé d'un chemin de ronde intérieur de 3,60 m de large. Sur le cadastre napoléonien de 1842, elle figure section D1, parcelle 301 (actuellement Bureau de Poste, rue Jean Jaurès). "

Les GARDIOL, protestants de Courthézon (Vaucluse) réfugiés à Genève

      La lettre ci-après, découverte dans un fonds d'archives inédit, fournit quelques informations sur une famille GARDIOL, protestante, originaire de Courthézon (Vaucluse) et qui, en 1703, partit d'Orange pour se réfugier à Genève.

      Datée à Orange du 30 septembre 1730, cette missive destinée à une personne dont on ignore le nom, fut écrite pour le compte de Gabriel GARDIOL, par REYNE, sans doute un avocat qui pourrait bien être Etienne REYNE (originaire de Courthézon), marié en 1724 à Anne ANASTHAY.

      Ce courrier nous apprend que Gabriel GARDIOL, né à Courthézon, était le frère de Jeanne GARDIOL de Catherine GARDIOL et de Marguerite GARDIOL On sait par ailleurs que cette fratrie avait été composée d'une cinquième personne, Marie Anne GARDIOL, baptisée protestante à Courthézon le 2 octobre 1701. Ils étaient les enfants de Pierre GARDIOL et de Suzanne GAUDIN  qui s'étaient mariés au Temple protestant d'Orange le 17 octobre 1700.

      Suzanne GAUDIN était la fille de Jean GAUDIN et la sœur de Catherine GAUDIN, tous trois déjà décédés en 1730. Cette dernière avait fait une donation à son neveu, Gabriel GARDIOL devant feu Me PASTEUR, notaire à Genève.

     Pierre  GARDIOL et son épouse étaient sortis de la Principauté d'Orange en 1703. En 1730, ils étaient tous deux déjà décédés ab intestat à Genève.





samedi 21 septembre 2024

Abel BETOU, au service du Gotha et des stars

Abel Alphonse Jean BETOU était né à La Maugerie de Nesmy le 23.09.1937. Il était le fils d’Abel Auguste Prudent BETOU (15.04.1909 Nesmy – 10.08.1891 La Boissière-des-Landes) et de Marie Aimée Adèle BARRE ( 10.09.1915 Froidfond – 09.09.2000 St Florent-des-Bois).

 Il est décédé à La  Roche-sur-Yon le 08.02.2013.

Il est l'auteur d'un ouvrage de 318 pages intitulé "Péripéties d'un jeune paysan vendéen au service du Gotha et des stars" 

Il a été publié par Pays et Terroirs (Cholet, mai 2007) qui en fait le résumé suivant :

 « La vie, dit-on, est un long fleuve tranquille… » S'il fallait une exception à cet adage, celle d'Abel Betou en mériterait le titre ! Il faut pour cela dépasser les premières pages de ses mémoires qui semblent puiser dans quelque roman paysan : le cadre rude d'un coin de bocage d'avant-guerre, les heures sombres de l'Occupation, les querelles villageoises dignes d'un Cloche-Merle… Mais le jeune Abel n'est résolument pas un sédentaire, même s'il a gardé dans son cœur, toute sa vie durant, la plus belle part de son terroir. Il lui faut voyager, quitter sa Vendée, monter à Paris, enchaîner les boulots de domestique pour se forger les armes de son ascension. Sa chance et son goût de la découverte font bientôt de lui un chauffeur de maître au service des plus grands, stars du show-bizz et têtes couronnées. Son goût pour les voyage en sera comblé, d'autant qu'à la première occasion, notre jeune Vendéen n'hésite pas à embarquer pour des péripéties à l'autre bout du monde…




lundi 29 août 2022

Famille de BAUDRIER, de Châteaudouble (Var)

     En 1995, la revue du Cercle Généalogique de Nouvelle-Calédonie, dans son numéro du 2e trimestre (n° 28, p. 20-22), publiait l'article ci-après que j'avais rédigé sur la famille provençale de BAUDRIER, de Châteaudouble (Var).

     Il m'a paru qu'il pouvait être intéressant de  mettre cette étude à la disposition de tous sur le web même si, depuis près de 30 ans, bien des sources d'archives sont plus aisément accessibles et peuvent permettre de compléter la généalogie de cette famille.







Le château des BAUDRIER ( à l'extrême gauche) dans le hameau de Rebouillon (Châteaudouble, Var)

vendredi 3 juin 2022

Lithographie de Zhana KOSTOURKOVA, artiste bulgare. 1973

   La graphiste et illustratrice Ivanka Penchova KOSTURKOVA (Иванка Пенчова Костуркова), plus connue sous le nom de Zhana KOSTOURKOVA (ou Jana KOSTURKOVA. En bulgare, жaна КОСТУРКОВА), est née à Sofia (Bulgarie) le 1er juin 1927. 

    Elle épousa Todor Mihaïlov PANYOTOV (Тодор Михайлов Панайотов) (1927-1989), également graphiste. Elle est décédée en 2010.

    La lithographie ci-après, intitulée Vacances ( Празник ), date de 1973 et porte le n° 20/30.




Lithographie de Pentcho BALKANSKI, artiste bulgare


    Pentcho Todorov BALKANSKI (Пенчо Тодоров БАЛКАНСКИ) est un artiste bulgare né en 1908 dans le village de Lomets (Ломец), village de la municipalité de Troyan, situé dans la province de Lovech, dans le nord de la Bulgarie. Il est décédé à Sofia, le 1er décembre 1985.

    Il est connu comme photographe (jusqu'en 1939), peintre et graphiste (au milieu des années 1940), puis se tourne vers la lithographie en couleur.

    Des œuvres de Pencho Balkanski sont conservées à Sofia, à la National Art Gallery, et à la Sofia City Art Gallery, ainsi que dans d'autres galeries en Bulgarie et à l'étranger.

 
    La lithographie ci-après, datée de 1973, est intitulée " Tisseuses " (тъкачи). Tirage n° 1/25.



 

samedi 14 mai 2022

Tête byzantine blonde d'après MUCHA

Plaque de métal fondue par MUSTER BS SCHUTZ, portant le n° 5610, représentant la " Tête blonde " de la série des " Têtes byzantines ", d'après Alphonse MUCHA (1860-1939). Voir à ce sujet : Mucha, catalogue d'exposition Musée d'Orsay, Paris, 1980, pl. 37 et 38.

dimanche 8 mai 2022

Quand l'aquarelliste Edouard FRANÇOIS (1866-1924) posait son chevalet à Vendôme (Loir-et-Cher)

      L'aquarelliste impressionniste Edouard FRANÇOIS, né à Paris en 1866 et décédé en 1924, qui signait Ed. François, a sans doute séjourné à Vendôme (Loir-et-Cher) où il a réalisé les œuvres suivantes montrant la rivière, Le Loir, serpentant dans la ville :





mercredi 30 décembre 2020

La Couture (Vendée). Découverte d'un souterrain en 1936

   Monsieur Marcel " Amour " Edmond MANDIN, né le 9 août 1895 à Thorigny, ne se doutait pas, en voulant arracher des pieds de vigne, qu'il allait découvrir un souterrain donnant dans le bourg de La Couture (Vendée). 

     Voici la relation qu'en a donnée le journal " L'Etoile de la Vendée " le 19 avril 1936 :



mercredi 8 juillet 2020

Sur l'itinéraire de Niort aux Sables-d'Olonne en 1790, quelques moulins vendéens


     En 1790, était publié à Paris "Itinéraire complet de la France ou Tableau général de toutes les routes et chemins de traverse de ce royaume ".

        La description de la  " Grande Route " de Niort aux Sables-d'Olonne donne notamment les noms des moulins à vent qui se trouvent à proximité de celle-ci :





       Le deuxième tome de cet ouvrage d'où est extrait le texte ci-dessus est accessible à l'adresse : https://books.google.fr/books?id=9ZJQAQAAMAAJ&dq=Moulin%20du%20Givre%20%20ET%20Le%20Bernard&hl=fr&pg=PA446#v=onepage&q=nantes&f=false

mercredi 22 avril 2020

L'Histoire en cours : le COVID-19 à Sydney (Australie)



    La pandémie du coronavirus COVID-19 fera plus tard l'objet d'études historiques qui rappelleront les différentes mesures prises par les Etats pour la combattre sur tous les continents.  
   En Australie, les confinements ne sont pas comparables à ceux de l'Europe mais la fermeture de la majeure partie des activités du secteur tertiaire a très rapidement vidé de ses employés le quartier du centre d'affaires (le CBD) de Sydney. Pratiquement aucun passager dans les bus, les ferrys ou le métro qui ont continué à circuler. Parcs aux pelouses désertées... 
     Ci-après quelques photos-souvenirs du début de la pandémie.    

Hyde Park et St Marys's Cathedral


Archibald Fountain (par François-Léon SICARD, auteur notamment du Monument à CLEMENCEAU à Ste Hermine)
 et  St Marys's Cathedral


Dans Liverpool Street, un restaurant transformé en Take Away vend aussi du papier toilette

Ci-après deux photos de boutons-poussoirs censés diminuer le temps d'attente aux feux rouge mais qui, en réalité, ne servent à rien. Pour vous en convaincre, lisez l'article publié le 23 avril 2020 sur le site du Courrier Australien (https://www.lecourrieraustralien.com/did-you-know-le-bouton-pour-traverser-la-route-est-il-un-bouton-placebo/? .

Neutralisation des boutons-poussoirs au niveau des passages piétons


Panneau invitant les usagers à ne plus utiliser les boutons-poussoirs (Elisabeth Street)



La rue piétonne de Pitt Street Mall désertée par les clients des centres commerciaux

mercredi 26 février 2020

14e Régiment de Chasseurs. Prise d'armes le 19 janvier 1914 à Dôle


     Le 19 janvier 1914, la garnison de Dôle (Jura) ayant pris les armes, le Général de Division, Louis BONNEAU (1851-1938), Commandant le VIIe Corps d'Armée, fit placer devant le front de bataille Albert Ernest Augustin BARATIER (1864-1917), Colonel commandant le 14e Régiment de Chasseurs à cheval, et Gaston Marie Joseph Louis Clément Pierre Paul de GESTAS de L'ESPEROUX (1858-1931), Chef d'escadron au même régiment.
     Au premier, il remit l'insigne de Commandeur de la Légion d'Honneur et, au second, celle d'Officier de la Légion d'Honneur. Il donna à chacun d'eux l'accolade.

     Les deux cartes postales ci-après montrent cette remise de décorations devant le drapeau du régiment que tient Yves Marie "Alain" Louis Alphonse Fort des RIEUX de LA VILLOUBERT (1883-1954), alors lieutenant au 14e Régiment de Chasseurs.

Le Général BONNEAU donnant l'accolade au Colonel BARATIER, "le colonel de la mission MARCHAND"




vendredi 29 novembre 2019

L'Orphéon de La Roche-sur-Yon en concours à Cholet (1906)

 
     Le 3 juin 1906, la Société Orphéonique de La Roche-sur-Yon se rendait à un concours musical qui se déroula sur deux jours.
     L'orphéon de La Roche et son directeur, Ernest Guyonnet (1872-1935), s'y distinguèrent en remportant les prix dont voici la liste parue dans l'édition du 10 juin du journal " Le Patriote de la Vendée " :


     Le jour de la publication, la Société Orphéonique exécuta sur la Place d'Armes de La Roche, en début de soirée, les morceaux qui avaient été couronnés à Cholet :



mardi 8 janvier 2019

L'inconnu au parapluie CAPEL de La Roche-sur-Yon (Vendée)


     Le mardi 21 août 1894, vers 7 heures du soir, un inconnu décédait à Olonne-sur-Mer (Vendée), dans la forêt de l'Etat, à deux cent cinquante mètres du lieu-dit La Forgerie, écart habité non loin du village de La Grivière.
   
     Le lendemain, 22 août 1894, à 6 heures du matin, se présentaient en mairie pour déclarer son décès, Zacharie LE QUELLEC, brigadier de gendarmerie à La Chaume, et Constant MAIRAND, cultivateur au village de La Gervière (alias Grivière). Bien que l'acte indique que les comparants ont trouvé le cadavre, c'est sans doute MAIRAND qui avait découvert le corps et informé le poste de gendarmerie le plus proche.

     La rédaction de l'acte fournit de nombreuses précisions sur le défunt : l'inconnu a environ 30 ans (donc né vers 1864), fait 1 m 70, ses cheveux et sourcils sont châtains, son front est découvert et large; il a un nez moyen, une grande bouche, un menton rond et un visage plein ainsi qu' une moustache châtain-clair " pas bien forte ".
     Son visage porte trois cicatrices anciennes qui " paraissent être le résultat d'une chute " : l'une, sur le milieu du front, partant de droite à gauche, légèrement oblique ; une autre sur l'arcade sourcilière gauche et la troisième, sur la racine du nez.
     Il est vêtu d'un veston et d'un petit gilet en "cheriotte " bleue, d'un pantalon en étoffe à raies presque unies et de couleur bleu-foncé, d'une chemise en coton blanc, cravate de soie blanche à nœud. Il est coiffé d'un feutre noir dit melon. Il est chaussé de souliers bas, vernis et à lacets. Il porte à l'annulaire de la main gauche une bague en or " à tête avec brillant.

     L'acte de décès (AdV, vue 58/146) précise également qu'il est " décédé par suite de suicide sans doute ". Il est vraisemblable qu'il ait été trouvé pendu. On apprendra par la suite que l'inconnu avait à dessein fait disparaître toutes marques sur ses vêtements pour ne pas être identifié. Mais il avait oublié qu'il avait un parapluie plutôt neuf qui fut retrouvé non loin de son cadavre. A l'intérieur se trouvait l'adresse d'un marchand, H. CAPEL, à La Roche-sur-Yon. Cette découverte fit l'objet d'un entrefilet publié dans le numéro 151 du journal L'Avenir et L'Indicateur de la Vendée du 5 septembre 1894 (AdV, vue 412/606) :
 



      L'étiquette retrouvée devait porter un cachet comme celui-ci :



     A l'époque des faits, le magasin situé à La Roche-sur-Yon, 14 Place d'Armes (actuelle Place Napoléon), à l'enseigne " Au Grand Paraverse ", était depuis deux années la propriété d'un auvergnat, fabricant de parapluies, Pierre dit Hippolyte CAPEL, né à Cros de Montvert (Cantal), le 16 décembre 1852.
 

Pierre H. CAPEL (vers 1922)


     Toutefois il n'est pas certain que le parapluie ait été acheté dans son magasin car, en tant que fabricant, il commerçait en gros avec de nombreux marchands, certains spécialisés en parapluies et souvent originaires d'Auvergne, comme Jean GELLY aux Sables d'Olonne.

     On ne sait pas si l'enquête de gendarmerie a pu aboutir à l'identification du défunt ; en tout cas, aucun éventuel jugement de rectification de l'acte de décès n'a été transcrit sur les registres d'état civil d'Olonne-sur-Mer, au moins jusqu'au 31 décembre 1903.
 

vendredi 6 juillet 2018

Un déjeuner du Parti National et Social et du Rassemblement National de la Vendée, en 1938 à La Roche-sur-Yon


     Dans son numéro daté du 3 avril 1938, le journal " Le Messager de la Vendée " annonçait la tenue à La Roche-sur-Yon (Vendée), le même jour, du congrès départemental des membres du Parti National et Social et des Jeunesses Nationales et Sociales de France :


 

     Sous l'égide du Rassemblement National de la Vendée (représentant la droite catholique et traditionaliste) et du Parti National et Social (P.N.S.), un déjeuner eut lieu, comme annoncé, à l'Hôtel de l'Europe, avant le meeting. En voici le menu au verso duquel furent recueillies les signatures des personnalités présentes :
 


(L'avant dernière signature n'a pas été identifiée : DECAZES, BOUX de CASSON, CHASTRES ?)
     Un compte-rendu détaillé du meeting a été donné par le journal "Le Petit Vendéen ", organe du Rassemblement National de la Vendée, dans son édition du 10 avril 1938 (Archives de la Vendée, vue 113/416).

vendredi 12 janvier 2018

Du nouveau sur le peintre Fernand COMBES (1856-1943)



         Ainsi que je l'avais indiqué sur ce blog, dans les commentaires postés à la suite de mon article du 23 mai 2015 sur " Charles Fernand COMBES (°1856), peintre originaire des Herbiers (Vendée) ", ses date et lieu de décès étaient inconnus.

     Celles-ci viennent d'être révélées grâce à Mme Maryse MOUTON-DHAUSSY, arrière petite fille de l'artiste qui, sur son blog " recherchefamille.blogspot.com " a posté une copie de l'acte de décès de son ancêtre qui s'est éteint le 12 novembre 1943 à Saint-Denis-lés-Bourg, dans l'Ain.

     Elle y a également déposé un portrait de celui-ci.

     Et pour mieux connaître l'oeuvre de cet " artiste du Front " :

    - Rendez-vous du 14 avril 2018 au 16 décembre 2018, à Noyon (60400 - Oise), au Musée du Noyonnais, 7 rue de l’Évêché (tel : 03 44 09 43 41), pour visiter l'exposition temporaire intitulée " Peindre les ruines. Noyon en 1918 ".




      A cette occasion, la ville de Noyon a édité un beau catalogue 21 x 29,7 avec une dizaine de reproductions de qualité. Il est disponible au prix de 20 euros (+ Frais de port, 4,80 euros).
    
     N.B : Le musée de Noyon possède entre 10 et 20 œuvres du peintre, surtout des ruines de la ville entre 1919 et 1921.

      - Lisez sur le blog " http://beauvoir.centerblog.net/ " quelques belles lignes de l'artiste.
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samedi 14 octobre 2017

Le récit d'une attaque française à TRI TÖN (Indochine / Tonkin)


     Le « brouillon » manuscrit, transcrit ci-après, de l’attaque non datée de TRITTON (ou plutôt Tri Tôn) a été écrit par l'un des marsouins qui prit part à cette opération : Jean Marie Maxime Pierre de GAUDEMAR, fils cadet de Marie Joseph Balthazar Fernand de GAUDEMAR et d'Octavie Marie Gabrielle Geneviève de CROUSNILHON, né à Marseille le 13.11.1924.

Pierre de GAUDEMAR et sa mère (Marseille 1947)
    Il s'était engagé le 1.9.1944 pour la durée de la guerre. Envoyé en Indochine, sans doute en fin d’année 1945, Pierre de GAUDEMAR était, le 22.5.1946, à la 5e Cie B.P.M 403, secteur postal 72282 (Le Bureau de Poste Militaire 403 arriva à Hanoi le 1.4.1946).

     Soldat de 1ère classe au 6e R.I.C (Régiment d’infanterie coloniale), sous le commandement du colonel ARNAL, il fut cité à l’Ordre du Corps d’Armée, le 12.5.1947, pour sa participation, lors des durs combats du 20.12.1946 à Nam Dinh (Indochine / Tonkin), à quatre missions de dégagement des postes encerclés ainsi qu’à la prise de la gare où il fut blessé. Cette citation lui valut l’attribution de la Croix de Guerre avec Médaille de vermeil.
     Il reçut par ailleurs la Médaille coloniale avec agrafe Extrême-Orient le 15.3.1947 en tant que soldat du 6e R.I.C, 5e compagnie (Cie de fusiliers voltigeurs).
     Après un séjour colonial de 18 mois, il embarqua à Saigon, le 17.5.1947, sur le s/s Champollion. Débarqué à Marseille, il fut démobilisé le 10.10.1947.
     Il est décédé à Robion (Vaucluse) le 21 novembre 1947 et inhumé à Cavaillon.


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« R S Tritton
(Brouillon)
4 h du matin ; préparatif de départ dans la petite pagode, où la 1ère section vient de passer la nuit.
Le café. Un boy part réchauffer le café que nous avons fait la veille ; pendant ce temps nous finissons de nous vêtir et de mettre la cartouchière, de passer les deux bandes de balles - dont nous sommes pourvus- en bandoulière et de caler dans une de nos poches une grenade.
Nous buvons le café. Après quoi le rassemblement a lieu et l’aspirant CHEVRIER (1) presse les retardataires. Notre chef de section est là « Le lieutenant DUPIN de SAINT CIR » (2). Il nous dit « Voilà, nous allons marcher sur Tritton (3). Il est prévu un ou deux accrochages. Nous ne savons pas exactement l’armement : fusil sans doute ». A moins que ce ne soit des flèches comme à Cuchy (4).
L’ordre de départ arrive. La première section a l’honneur d’être en tête.
Nous ne marchons pas sur un bon chemin, plutôt un chemin charretier.
Il fait encore nuit. Heureusement une belle lune nous diffuse sa blanche clarté qui nous évite quelques chutes dans des ornières. Nous avons l’honneur d’avoir en tête avec nous Notre Père curé. Il serait difficile de le trouver autre part qu’a la tête de la compagnie où il est de passage car il est surtout tantôt dans une compagnie, tantôt dans une autre.
Naturellement nous / ?  /. Nous marchons en colonne avec un espace de cinq mètres entre les groupes quoique l’on prévoie le 1er accrochage à huit kilomètres du point de départ.
Nous avons à notre droite une bande de terre assez boisé qui s’étend de là au pied de la montagne ; à gauche rien que la plaine, rien que des rizières à l’infini ; ça et là des bosquets de cocotiers, de palmiers et bananiers, abritant de misérables paillottes reconnaissables à la lueur tremblotante des quinquets vus par une ouverture.
Le crépuscule commence à déchirer le voile nocturne. Les lueurs s’estompent. L’astre de la nuit perd peu à peu son éclat pour laisser la place à un jour blafard qui s’éclaircit petit à petit ; déjà à l’est des taches couleur orange apparaissent se faisant plus clair et tournent au jaune clair. C’est le seigneur du jour qui daigne se lever et qui bientôt nous dardera de ses implacables rayons.
Nous cheminons toujours en parlant à voix basse et, en scrutant l’horizon, nous arrivons en vue d’un village à une centaine de mètres. Le mot Halte retentit. C’était le lieutenant qui venait de donner cet ordre. Nous nous mettons sur le bord du chemin en surveillant les environs.
A travers des cocotiers, des masses jaunes gesticulent. Qui est-ce ? Seulement des bonzes qui nous font signe ; nous leur répondons par des signes encourageants. Ils arrivent et expliquent tant bien que mal au lieutenant la présence de Rebelles dans le coin. Aussitôt contact avec le capitaine ROBERT (5) et part le 536 tenu par Alain (6). Réponse certaine. En avant, disposition de bataille. Car aussitôt cela fut fait. Le groupe SOULIER (7) avait le côté droit, le groupe BOUVIER (8) la route et le groupe HERMELIN (9) le côté gauche, la plaine dans les rizières.
Heureusement à  /  / cette /   /  Et c’est disposé en tirailleurs que nous avançons en fouillant tous les bosquets.
Ayant marché un certain temps, nous reçûmes l’ordre de serrer sur la droite. C’est en exécutant cet ordre, tout en avançant, que nous fûmes accueillis par une salve de mousquetons particulièrement nourrie. Tous à terre, rampant derrière une diguette pour être à l’abri et avoir une bonne position pour /       / pouvoir riposter, mais les décharges ennemies se succèdent les unes aux autres pendant quelques minutes. Notre tir se mélange avec le tir des rebelles qui, sous les coups de F.M et de mitrailleuse – qui s’étaient mises très rapidement en batterie – commença à fléchir.
Le groupe SOULIER (7) fut enlevé et mené à l’assaut par son jeune et bouillant chef à travers les bosquets qui bordent la route et qui s’étendent jusqu’à la colline. Le groupe BOUVIER (8) reçut pour mission de protéger la pièce de mitraille placée à l’extrême droite et le fameux groupe HERMELIN (9) tint le centre de l’attaque. Le mitrailleur CAPELLI (10) s’acquitta très bien de ses fonctions aidé par le vif FOURNILLON (11) passé maître dans l’art de remplir les boîtes de F.M. Notre sympathique LIBOUROUX (12) se débattait avec son fusil qui refusait de marcher. Il y parvint après force manipulation.
Le V.B DUVERNOY (13) plaça magnifiquement un de ses obus au coin d’une paillotte d’où sortaient des coups de feu.
Les coups s’espacèrent puis plus rien. Le lieutenant demanda s’il y avait des hommes de touché. Tout le monde se tata. Rien. Ce fut /   / avec la 1ère décharge qui nous trouva relativement groupé puisque l’on manœuvrait vers la droite. Heureusement que nous avions à faire à de mauvais tireurs.
C’était le premier accrochage. L’on nous fit fouiller le côté gauche de la route mais en vain.
L’on reprit la route mais dans un autre ordre. Le 3e groupe SOULIER (7) fut devant sur la route ; le 2e groupe HERMELIN (9) suivait à dix mètres et le 3e groupe BOUVIER (8) dix mètres derrière mais plus personne dans les rizières, sur le côté gauche la 4e section.
La marche reprit en file indienne en fouillant partout. Nous arrivâmes ainsi devant une pagode : là encore, des bonzes cambodgiens nous renseignent, nous disant qu’ils n’étaient pas loin. Nous étions sur le bord de la route quand une rafale de mitraillette claque et l’on entendit le sifflement des balles à nos oreilles. L’on se plaça en bas du talus de la route. A un ordre donné, nous bondissons de l’autre côté de la route et nous tombons sur les bonzes accroupis par terre, n’osant bouger. CAPELLI (10) ouvrant le feu avec son F.M sur des rebelles qui venaient de se montrer, des douilles partent sur le malheureux bonze qui n’était déjà pas à la noce en fut littéralement affolé. Croyant recevoir des balles, il fit un bond prodigieux et une fois un peu abrité, il se tata de toute part et fut étrangement étonné de ne point être blessé.  Je crois qu’il n’a pas encore compris et doit maudire le fusil mitrailleur des français qui tire dans les angles.
Nous reçûmes l’ordre d’avancer tout en tiraillant, ce que nous fîmes aussitôt et ce qui en dérouta le Viet Minh car ce fut le 2e et dernier accrochage sur la route de TRITTON où nous nous engageâmes.
 L’on entendait le lointain roulement d’une mitrailleuse 12,7 dans la direction de TRITTON. Les derniers éléments rebelles  résistent encore un peu.
Après une bonne heure de marche, nous aperçûmes des panaches de fumée qui montaient verticale dans le ciel pour se répandre dans l’atmosphère dans un brouillard grisâtre : quelques incendies allumés par les pirates avant leur départ.
En effet nous reconnûmes des maisons en pierre qui brûlaient et tout autour s’affairaient des cambodgiens civils en des tenues disparates qui, chargés de meubles sur leur dos ou charrettes, courraient tout autour de la maison en poussant des cris et faisant de grands gestes, et les flammes montées à l’assaut du ciel, l’on aurait pu croire des sauvages offrant un sacrifice à une divinité quelconque. Nous nous arrêtions pas à les regarder, nous marchions sur la ville. A un arrêt au pont jeté sur un canal assez profond, nous échangeâmes quelques mots avec des tirailleurs cambodgiens qui parlaient français. A ce coin là, nous vîmes aussi les cadavres de quelques rebelles tués quelques heures avant notre arrivée. Nous faisons notre entrée à TRITTON où nous sommes reçus par les cambodgiens qui nous offrirent des bananes, des noix de coco que nous buvâmes avec délice car nos bidons étaient à sec à cause du brulant soleil et de la poussière de la route.
Nous vîmes les chars RENAULT qui ont participé à l’attaque de la ville conduits par des anciens du 5e R.I.C. Nous logeâmes pendant quelques jours dans une magnifique pagode remplie de fresques représentant des processions et des batailles et c’est avec un réel plaisir que nous pûmes voir sur ses murs peints le drapeau français à la tête de la compagnie cambodgienne représentée sur la fresque.
Nous étions sur la frontière cambodgienne où nous étions en très bon termes avec les habitants qui venaient à notre rencontre dans chaque patrouille.
Quand nous partions à une section pour aller dans un village, c’était tout un bataillon de cambodgiens qui nous suivait et sur la route l’on nous donne des noix de coco, du vin de palme et des bananes.

FIN »

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 Notes :

(1) CHEVRIER (aspirant) : Alain CHEVRIER, tué à l'ennemi au Tonkin. (Cf. rectification sur son lieu de décès dans les commentaires de cet article).

(2) DUPIN de SAINT CIR (lieutenant, chef de section) : Pierre Marie Antoine DUPIN de SAINT CYR (alias DUPIN de SAINT-CYR), né à Bordeaux le 29.11.1919, lieutenant au 6e Régiment d’infanterie coloniale, 2e bataillon. Mort pour la France le 27-03-1947 (Phai Lien, Tonkin) (Indochine) à la suite d’une explosion. Cité dans la base Mémoire des Hommes et page 92 du « Mémorial 39-45 : l'engagement des membres de la noblesse et de leurs alliés », par Pierre de Longuemar.

(3)Tri Tôn (et non TRITTON) est à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Châu Dôc, village vietnamien à la frontière avec le Cambodge, dans le nord-ouest du Vietnam.

(4) Cuchy : Plutôt Cuchi ou Cu Chi. Haut lieu de la résistance Viet à 60 km au nord-ouest de Saïgon. Une attaque a lieu le 17.12.1946 à Cu Chi.

(5) ROBERT (capitaine) : Capitaine Jean ROBERT, de Privas (Ardèche)

(6) Alain : Georges ALLAIN, 2e classe, de Thiron-Gardais (Eure-et-Loir)

(7) SOULIER (groupe) : Lucien SOULIER, sergent, de Ternay (Isère). N.B : un Albert Arthur SOULIER, soldat de 2e classe au 2/6e régiment d’infanterie coloniale, est Mort pour la France le 06-1947 en captivité. Il était né  le 16-05-1926 à Alès (30 - Gard, France).

(8) BOUVIER (groupe) : Marcel BOUVIER, caporal-chef, de Clichy (Seine)

(9) HERMELIN (groupe) : Georges HERMELIN, sergent, de Saint-Etienne (Loire)

(10) CAPELLI (mitrailleur) : Bruno CAPELLI, 2e classe, de Soulac (Gironde)

(11) FOURNILLON : Maurice FOURNILLON, 2e classe, de Villy-en-Traudes (Aube)

(12) LIBOUROUX : Jean LIBOUROUX, 2e classe, de Montaignac-Saint-Hippolyte (Corrèze)

(13) V.B. DUVERNOY : Robert DUVERNOY, 2e classe, de Montseaunin/Château-Chinon (Nièvre)