jeudi 22 mai 2014

Marcel DELUS (1896-1921), sous-lieutenant au 14e Bataillon de Chasseurs Alpins

     Madame Catherine VERCHEL - que je remercie infiniment - a eu l'obligeance de me fournir quelques photos et renseignements concernant M. Marcel DELUS, objet d'une publication dans ce blog, le 19 avril 2012. En voici donc une nouvelle mouture :


Marcel DELUS (après novembre 1916)

     Marcel Augustin Théophile DELUS est né le 9.11.1896 à St Martin d'Uriage (Isère) où ses parents, Augustin DELUS et Joséphine JOSSERAND, étaient tous deux jeunes instituteurs adjoints.

     Etudiant en lettres au Lycée Louis Le Grand, à Paris, il obtient son diplôme de Licencié es Lettres.

     Bien qu'appelé de la classe 1916 à Grenoble (Registre matricule n° 1432), il est incorporé le 6.4.1915 au 97e Régiment d'Infanterie comme chasseur de 2e classe et promu aspirant à compter du 1.9.1915 (J.O du 7.9.1915, page 6302).

      Le 1.10.1915, il  passe avec ce grade au 14e B.C.A (Bataillon de Chasseurs Alpins) dans lequel il restera jusqu'à la fin de la guerre.

     Le 18.11.1915, il reçoit, à l'ordre du Bataillon, sa première citation (n° 106) : " Malgré son peu d'expérience, a su mettre en valeur des qualités très appréciables de courage et d'énergie en maintenant avec une gaîté communicative sa section sous un bombardement intense".


Marcel DELUS, jambes croisées, vers novembre 1915, en Alsace


Marcel DELUS en Alsace (vers novembre 1915)


Marcel DELUS et ses chasseurs alpins

     Il est promu sous-lieutenant à titre temporaire et maintenu à son corps par décision du général commandant la 47e Division le 8.6.1916 (J.O du 21.6.1916).

   Le 2.8.1916, il est cité (n°40) à l'ordre de la Division : " Officier extraimement brave, très audacieux, calme, réfléchi autant que modeste. A à plusieurs reprises dirigé de façons brillantes des reconnaissances particulièrement délicates rapportant une abondante moisson de renseignements".

     Vingt jours plus tard (22.8.1916), il est à nouveau cité (n°43) à l'ordre de la Division : " Officier plein d'allant d'une bravoure et d'un dévouement exceptionnels ; avant les attaques du 20 juillet a dirigé avec habileté des reconnaissances à l'intérieur de la position ennemie et a rapporté de précieux renseignements. Le 20 juillet a conduit brillamment sa section à l'assaut des positions ennemies qu'il a abordé le 1er. Le lendemain par son sang-froid a pu repousser brillamment une violente contre-attaque à la grenade ".

     Il est blessé  par balle et éclats d'obus pendant la Bataille de la Somme, au Mont Saint Quentin (entre Péronne et Bapaume), le 25.9.1916.

      Le JMO du 14e BCA, à la date du 8.10.1916 (page 6), indique que par décision du général commandant la VIe armée, n° 2272/2 du 4.10.1916, M.  DELUS Marcel, sous-lieutenant à la 2e compagnie, est versé au dépôt du bataillon.

      Pour ses faits d'arme, il reçoit la Croix de Guerre avec 1 étoile de bronze, puis deux d'argent et enfin avec palme. L'ouvrage " Du collège de Clermont au Lycée Louis Legrand " (vol. 2, pages 524 et 525) précise qu'il a été cité cinq fois et qu'à peine guéri, il se hâte de revenir au front.

       Chevalier de la Légion d'Honneur à compter du 10.10.1916, par arrêté du 24.11.1916 (J.M.O du 3.11.1916, p. 11), la citation l'accompagnant est la suivante : « Sous-lieutenant à titre temporaire au 14e Bataillon de Chasseurs Alpins. Jeune officier d’une audace exceptionnelle, modèle de bravoure et de dévouement. S’est acquitté brillamment de plusieurs reconnaissances particulièrement périlleuses. Evacué pour maladie, a rejoint son bataillon bien qu’incomplètement guéri afin de participer aux récentes attaques. Le 24 septembre 1916, est allé, en plein jour, sous un violent bombardement, reconnaître l’état de destruction des tranchées ennemies. A été blessé le lendemain en entraînant vaillamment sa section à l’assaut. Déjà trois fois cité à l’ordre. ». (Dossier L.H. dans la base Léonore).
 
      Démobilisé suite à une blessure à une jambe, il passe avec son grade de sous-lieutenant dans la réserve  le 10 avril 1918 puis est promu Lieutenant de réserve à titre temporaire le 26.7.1918 par décision ministérielle du 5.12.1918 (J.O du 10.12.1918)
 
      Absent du site Mémoire des Hommes, de l'Historique du 14e B.C.A., et du Tableau d’Honneur, son nom figure cependant sur les Monuments aux Morts du Lycée Louis Le Grand à Paris, de Grenoble et Le Monestier du Percy.

     Marcel DELUS est décédé à Paris (7e), le 11.12.1921, à 18 heures, à la maison de santé St Jean de Dieu, 19 rue Oudinot, à la suite d'une septicémie. Etudiant en philosophie, il était alors domicilié 6 rue de Ridder, Paris 14e.
      D'abord inhumé à Reims dans le caveau familial de sa belle-famille, son cercueil fut ensuite transféré dans le cimetière de Le Monestier du Percy (Isère) où il repose avec ses parents qui, à l'époque, étaient instituteurs et demeuraient à Grenoble, 3 rue Etienne Marcel.

     Ses parents et sa veuve, Yvonne RINN, ont fait paraître dans le journal " Le Petit Dauphinois " de Chambéry, une annonce le 12.12.1922 (page 5), pour l'anniversaire de sa mort. Le même journal, le 14.7.1923 (page 2), évoque la création par ses parents et sa veuve, d'un prix à sa mémoire.
     Mme Yvonne DELUS épousa par la suite Monsieur Joseph BONNAND (dont postérité).

     Bibliographie :
     Marcel DELUS - et non Delers comme je l'ai vu parfois écrit -, est l'auteur de " Fournaises ", paru chez Marcel Gilly, à Paris, en 1920. C'est l'un des très rares ouvrages écrits sur le 14e BCA pendant la Grande guerre par l'un de ses officiers.
     Il est pratiquement introuvable en bibliothèque, ayant sans doute été tiré à peu d'exemplaires.
     A ma connaissance, il en existe a un à la Bibliothèque Municipale de Grenoble ainsi qu'à la Bibliothèque de l'Institut de France à Paris.

N.B : Cet ouvrage de 329 pages relate le parcours du lieutenant DELUS au sein du 14e bataillon de chasseurs alpins, du 9 octobre 1915 au 25 septembre 1916 :

TABLE DES MATIERES

     Première partie : Dans les Vosges. Sous la bourrasque.
     I. Les jets de feu (9.10.1915 - 20.10.1915) pp.7-45
     II. En attendant l'hiver (21.10.1915 - 14.11.1915) pp.47-77
     III. Sous la bourrasque (11.12.1915 - 27.2.1916) pp. 79-129

     Deuxième partie : Dans la Somme. Sous les balles
     IV. La relève (8.7.1916 - 11.7.1916) pp. 133-198
     V. La Ferme Rouge (12.7.1916 - 24.7.1916) pp. 199-308
     VI. La dernière attaque (24.9.1916 - 25.9.1916) pp. 309-329